03 septembre 2010

Il est inutile de démontrer Dieu : il s’agit de Le montrer.
Maurice Zundel, (1897-1975) prêtre et écrivain
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Le sacrifice d’Isaac

by Claude Plettner – Journal Expérimental ,  le 28/09/2006

La vraie demande de Dieu à Abraham

L’histoire est célèbre: Dieu réclame à Abraham le sacrifice de son fils, Isaac. Elle se trouve aux sources des traditions juive, chrétienne et musulmane. Ce récit fondateur semble celui d’une prise de risque éprouvante, voire stupide, demandée par Dieu à Abraham. Mais qu’en est-il vraiment?

Faites l’expérience: demandez autour de vous de quoi parle l’histoire du sacrifice d’isaac. Une lecture spontanée traîne dans les mémoires : Dieu met Abraham à l’épreuve en lui demandant de sacrifier Isaac, son fils unique. Pourtant, Dieu a promis de faire de la descendance d’Isaac un peuple immense. Au dernier moment, Dieu arrête le geste d’Abraham : il a vu sa confiance, l’intention de tuer lui suffit. Conclusion: Abraham est bien le père des croyants, celui qui fait preuve d’une foi aveugle exemplaire, le modèle de celui qui se risque à offrir ce qu’il a de plus cher.
Cette lecture terrible est généralement tranquille. Tout se passe comme si sommeillait en nous un Abraham prêt au sacrifice stupide sans révolte. Un Abraham d’un Dieu scandaleux qui reprend ce qu’il a donné, qui est jaloux de ce que nous avons de plus cher, à qui il faudrait obéir sans comprendre, même quand il demande la mort. Dieu pervers auquel, dans un jour de lucidité, on préfère ne pas croire. Heureusement, ce récit peut être lu comme celui d’une tout autre prise de risque.

Le refus du sacrifice
Abraham vient de quitter sa terre, ses troupeaux, sa parenté. Et le voilà confronté à une dépossession plus radicale encore: celle de son fils.
Voilà le père et le fils partis ensemble vers le bûcher du sacrifice. Mais Isaac interroge : «où est l’agneau pour le sacrifice?» Abraham, qui sait qu’il va immoler son fils, répond que Dieu y pourvoira. Dieu va y pourvoir, mais tout autrement qu’Abraham le pensait. Nulle nécessité de tuer l’enfant: il est finalement remplacé sur l’autel par un bélier, le père d’un agneau. Ce qu’il s’agit de sacrifier, c’est une paternité possessive et non un fils. À la fin, Isaac est délié. Abraham ne le possède plus. Il peut le laisser aller.
Abraham finit par comprendre que Dieu veut la vie pour lui et pour son fils. Et il appelle cet endroit «Dieu voit» : là, Dieu veut la foi d’un croyant. Et Abraham voit que Dieu est un père sur lequel on peut compter et qui le désire libre.
Le peuple d’Abraham trouvera à d’autres moments de son histoire des images et des mots pour dire, toujours à partir de son expérience, la douceur, la proximité, la tendresse de Dieu.

L’autre Abraham qui sommeille en nous
À travers Abraham, tout un peuple dit sa foi. L’histoire a été écrite au Xe siècle environ avant Jésus-Christ et quelques deux cent ans après que les hébreux furent sortis d’Égypte.
Les trois jours de marche d’Abraham et de son fils jusqu’à la montagne du bûcher font écho à la longue marche des hébreux pour sortir de l’esclavage en Égypte. Même inconnu devant l’avenir, même errance sans savoir, même incertitude inquiète, et au terme, même expérience que Dieu maintient la vie malgré tout. Ceux qui écrivent ce récit le font pour un peuple enfin installé sur une terre, qui s’est donné une loi et un roi. Ils lui rappellent que le Dieu d’Abraham est celui des mises en marche, des longues traversées, du non-attachement à ce qui ligote et retient.
Cet Abraham-là est aussi de tous les temps : une partie de nous-même nous pousse à ne pas nous installer dans les certitudes définitives, à oser partir sans cela où cela mène. C’est la condition pour découvrir après coup ce que nous n’avions pas prévu. Y compris un nouveau visage de Dieu.

 

 les départs
Posté par violette le 13/10/2006 13:43

Dans notre vie tous les départs sont ressentis comme des déchirures, des craintes du lendemain. Nous avons besoin de nous sécuriser, d'être rassuré, de savoir ce qui va nous attendre; Quel apprentissage que de laisser faire la volonté de Dieu! La confiance est à redécouvrir!

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