Les responsables religieux connaissant la réputation de Jean, lui demandent de rendre compte de ses agissements. Le Baptiste répond : "Je ne suis pas le Christ. Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : préparez les chemins du Seigneur. Moi, je baptise dans l'eau… un autre viendra derrière moi…".
En baptisant, Jean introduit un nouveau rite, la plongée dans les eaux en signe de conversion, de transformation et d’entrée dans une vie nouvelle. Qui est-il pour agir ainsi? Quelle est son autorité? Est-il le Messie que les juifs attendent depuis longtemps? Le Prophète Elie? Un autre prophète? Tous s’interrogent. Jean répond par la négative: "Je ne le suis pas". Jean n'est pas la Parole ; il est une voix qui annonce le Christ et appelle à "aplanir les chemins du Seigneur". L'essentiel n'est pas ce qu'il est mais ce qu'il annonce ou plutôt Celui qu'il annonce.
Et Celui qu'il annonce, Jésus, vient lui demander le baptême. Jean le désigne à la foule comme le Messie, "l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde" (Jean 1,29).
Mort décapité
Parmi les péripéties de la vie de Jean-Baptiste, sa mort nous est familière, parce qu’elle a été, de tous temps, illustrée par des artistes. De nombreux tableaux représentent la danse de Salomé et la décapitation du Baptiste.
C’était un homme dangereux et inattaquable, car il ne trichait pas et ce qu’il demandait aux autres, il commençait par le pratiquer. Dénonçant l’injustice, c’était une cible rêvée pour les pouvoirs en place. Il y avait en ce temps là assez de difficultés, sans y ajouter ce prophète considéré comme un danger public ! Il avait fait des adeptes, des disciples qui feront parler d’eux plus tard et notamment un certain Jésus de Nazareth, un parent à lui.
Finalement, pour faire taire le Baptiste, il n’y avait plus qu’un moyen radical : le tuer. Et là il y a deux versions.
D’après les évangiles, ce serait une vengeance de femme, une certaine Hérodiade, belle-sœur du gouverneur et qu’il avait prise pour sa femme. Jean avait contesté Hérode devant toute sa cour : “Cette femme, tu n’as pas le droit de la voler à ton frère…”.
Pour Flavius Josèphe, historien juif du 1er siècle, c’est un motif plus politique : il y avait dans le comportement de Jean le Baptiste un ferment de révolte, de révolution et comme c’était un genre d’homme qu’on ne pouvait ni acheter, ni effrayer. Pour les dirigeants de l’époque, il valait mieux le faire disparaître .
Jean a été exécuté. Sa manière à lui était rude, sans nuances. C’était un défricheur et il devait tailler la route. On peut dire qu’il est mort, mission accomplie, puisqu’un de ses disciples, Jésus, aidé de quelques autres, a pris la relève, parlant à la fois comme lui et en même temps très différent, car il parlait d’un Dieu proche et de miséricorde. La colère de Dieu avait disparu du propos de Jésus.
Dieu compte sur des forts caractères pour annoncer son Fils, mais seulement sur des «gentils» !