25 juin 2017

Notre unique obligation morale est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. .
Etty Hillesum, juive hollandaise morte à Auschwitz en 1943
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Marie-Madeleine, disciple du Christ

by Sophie Ramond ,  le 15/01/2007

Marie-Madeleine a-t-elle été l’épouse de Jésus comme le veut le Da Vinci Code de Dan Brown ou la bande dessiné "Le triangle secret" ?

A-t-elle assurée une dynastie à Jésus que le Prieuré de Sion aurait la charge de protéger depuis les croisades ? Marie-Madeleine n’est-elle pas le Graal puisqu’elle a recueilli en son sein le sang du Sauveur et porté sa descendance ? Amateurs de mystères et détracteurs des complots de l’Eglise, voilà que s’ouvrent à vous, à l’époque qui est la nôtre, bien des perspectives !

Marie-Madeleine : l’enquête

Oui, mais voilà il ne s’agit que de romans et de bandes dessinées… bien loin des informations qu’apportent les Evangiles. Alors un peu de sérieux, reprenons l’enquête à partir des données évangéliques.

Mais justement l’Evangile ne dit-il pas qu’elle s’est jetée aux pieds de Jésus à la Résurrection et que Jésus, gêné de ce contact sensuel a dû lui donner l’ordre de ne pas le toucher ? N’a-t-elle pas eu sept démons, et qu’est-ce que c’est que sept démons sinon la marque du péché de la chair ? Marie-Madeleine est bien pécheresse… et n’est-elle pas aussi sensuelle et belle, séductrice… bref à l’image d’une star hollywoodiennes comme le donne à voir le film La Passion du Christ de Mel Gibson ?

Décidément cela s’impose : reprenons l’enquête. Marie-Madeleine ou plutôt Marie de Magdala, selon les données évangéliques, n’est pas une femme banale. L’Evangile de Luc (8, 1-3) nous rapporte d’abord qu’elle fut guérie de sept démons. C’est donc une femme torturée par une puissance néfaste et que Jésus délivre. Après quoi, elle sert les disciples. Première caractéristique : c’est une femme, reconnaissante, qui sait se préoccuper des autres avec sollicitude. Tous les Evangiles s’accordent ensuite à reconnaître qu’elle était là au pied de la croix (Matthieu 27, 56 ; Marc, 15, 40 ; Luc 23, 45 ; Jean 19, 25) ; elle a assisté à la sépulture (Matthieu 27, 56 ; Marc 15, 40 ; Luc 23, 55). Quand les disciples ont fui, elle demeure auprès de Jésus ; deuxième caractéristique : c’est une femme fidèle.

Est-ce tout ? Non, L’Evangile de Jean (20, 11-18) nous rapporte encore qu’elle fut la première à voir le Ressuscité ! La voilà donc qui assume un rôle d’importance…

La première à voir le Ressuscité 

On la trouve près du tombeau (Jean 20, 11), comme déjà on l'avait trouvé près de la croix (même verbe qu'en 19,25) : elle se tient près du tombeau et elle pleure ; la Passion pour elle continue. Elle est en dehors du tombeau, à l'extérieur du mystère. Pour elle il n'y a que l'absence et l’incompréhension dans laquelle elle reste enfermée. La venue des deux anges ne suscite en elle aucun bouleversement, ni crainte, ni surprise. Elle n'y reconnaît pas la présence divine, car la douleur l'aveugle. Alors Jésus lui-même vient jusqu'à elle et il lui répète la question des deux anges : «Femmes pourquoi pleures-tu?» Pourquoi pleurer? C'est une invitation à voir au delà de la mort et de la souffrance la victoire de la vie, un appel à l'espérance. Mais Marie ne voit que le signe de l'absence : le corps de Jésus a été «enlevé», «emporté». Elle voudrait bien savoir où on l'a mis et pouvoir l'enlever. Elle voudrait bien pouvoir en prendre possession. Jésus, pour Marie, est bien mort ; ses paroles et son désir de possession en font un objet inerte. Mais Jésus, que Marie n'a pas reconnu, ajoute «Qui cherches-tu ?» Déjà, au début de son ministère, il avait demandé aux disciples de Jean-Baptiste (Jean 1, 38) : «Que cherchez-vous ?» Et ils ont répondu : «Rabbi, où demeures-tu ?» (1, 39).  Et Marie de Magdala : «Dis-moi où tu l'a mis  » (20, 15). Marie, comme les disciples, est appelée à découvrir le véritable lieu de demeure de Jésus. Mais il faut d'abord qu'elle le reconnaisse et ce retournement elle ne le fera qu'à l'appel de son nom (v. 16 :  se retournant»). «Marie», un nom, un appel, une vocation ; la réponse peut alors surgir : «Rabbouni»,  mon maître». Sans doute sa réponse rappelle les jours de compagnonnage avec le maître, l'émotion de la présence retrouvée, mais aussi peut-être, dans sa foi, la compréhension d'une nouvelle manière d'être disciple. L'intimité brisée par la mort est de nouveau présente. Marie, cependant, est invitée à se dépouiller de son désir de possession : «cesse de me toucher» (v. 17), à se décentrer d'elle-même. Il s'agit de ne pas retenir Jésus pour soi, et par l'Esprit, d'entrer dans un nouveau mode de relation. Ce nouveau mode de relation est aussi un envoi en mission. La reconnaissance du Ressuscité, du Vivant, si elle engendre une attitude d'adoration ne peut replier sur soi. Reconnaître que Dieu est Dieu, c'est aussi vouloir l'annoncer.

Marie-Madeleine : la mission

L'aventure de Marie de Magdala a donc tous les traits d'un appel personnel , d’une vocation. C'est une vocation qui a mûri au rythme même de l'existence de Jésus, après bien des jours de compagnonnage avec le maître, le passage par la mort, l'absence. Elle est pleinement révélée et comprise lorsque Marie reconnaît que le Crucifié est  Ressuscité, et que s'opère ainsi en elle un retournement, une conversion. Elle ne laisse pas Marie repliée sur elle-même, sur sa joie d’avoir rencontré le Ressuscité ; elle la tourne vers les autres.

Femme serviable, femme fidèle, Marie-Madeleine est aussi celle qui nous raconte que la relation entre le croyant et son Dieu est une relation personnelle, d’intimité. Avec elle nous pouvons entendre le Christ nous appeler par notre nom et découvrir que nous sommes aimés tels que nous sommes, appelés à laisser jaillir de notre faiblesse et de nos doutes, de nos peurs et de nos insécurités, un cri d’amour vers Celui dont la sollicitude ne fait jamais défaut. Par elle, qui reçoit la mission d’annoncer la résurrection, nous comprenons que le christianisme n’est pas une religion où l’on cultive le souvenir de la mort, mais une religion de la vie et de l’espérance, de l’annonce et du mouvement. Bref, nous voilà bien loin de la femme victime d’un complot, parce qu’initiée par des révélations à elle seule dévoilées et dont la capacité à se faire proche serait sexualité !

 Apprenons de Marie-Madeleine à choisir la fidélité, l’ouverture aux autres, la relation confiante au Christ… la Vie en somme, dans la foi, l’espérance et la charité !

 
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