Choisir, décider, discerner : trois mots complémentaires. Trois mots pour exercer sa liberté.
Choisir
Ce mot simple en apparence recouvre en fait, surtout quand il s’agit de décisions importantes commandant tout l’avenir, un aspect de mort et de vie. En effet, choisir, c’est d’abord sacrifier. Exemple : un jeune choisit le célibat, mettons pour des raisons religieuses. Il met à mort littéralement, ce qu’il aurait été comme père de famille ; il l’ignorera toujours. Ainsi choisir revient, en face de longue liste des possibles, à rayer toutes les lignes, sauf une. Au point que certains ont décidé (ce qui est encore un choix !) de ne jamais choisir sous prétexte de garder leur liberté. En effet choisir, c’est se lier. Mais que devient cette fameuse liberté quand elle s’abstient de tout choix ? Elle est morte, car la liberté ne prend vie que lorsqu’elle se prononce, elle naît avec le choix. Ne pouvant être tout, nous ne sommes vivants qu’en acceptant d’être «quelque chose», et «quelqu’un». «Voici, je mets devant toi la vie et la mort (…) Choisis la vie, afin de vivre» (Deutéronome, 30,15 et 19)
Décider
En latin, decidere signifie trancher. Privilégier une solution en vue d’un but à atteindre. À vrai dire la valeur d’une décision dépend d’abord de la valeur du résultat cherché : faire de l’argent, vivre plus heureux, être utile à d’autres… ? Entre aussi en ligne de compte la fermeté de la décision : il en est de solides et de fragiles. On peut se décider avec un «oui mais» plus ou moins conscient et se ménager quelques issues de secours. C’est la suite de l’histoire qui confirmera ou infirmera la qualité de la décision. Sans oublier qu’on a pu se tromper en prenant telle ou telle direction. Dans ce cas l’obstination n’est pas vertu mais sottise.
Discerner
Alors que choisir se tient plutôt du côté de la détermination, de l’engagement, discerner se tient plutôt du côté de la connaissance lucide. Discerner, c’est d’abord y voir clair. Un regard qui ne mélange pas ce qu’il voit (en latin discerner signifie séparer) et «ne prend pas des vessies pour des lanternes». Bien entendu le choix ne peut être le «bon choix» sans discernement préalable. Discerner revient à faire le tri entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Dans l’itinéraire spirituel, il s’agit de reconnaître ce qui nous conduit davantage à notre vérité humaine et ce qui nous en éloigne, ou nous laisse sur place. On peut parler de «volonté de Dieu». En effet ce que Dieu veut, c’est l’homme vivant. Il reste que c’est à nous de découvrir le bon chemin.
Liberté et nécessité
Choisir, décider, discerner, tout cela suppose qu’on a devant soi une multitudes de possibles. Or, il arrive tous les jours que l’on se trouve coincé : un seul chemin s’ouvre devant nous. Énumérons : conditions de santé, tempérament, aptitudes intellectuelles, événements imprévus… Bref, on n’a pas le choix. Que devient alors notre liberté? Pour subsister, elle doit opérer un véritable retournement et faire sienne la situation qui s’impose. Encore une fois «volonté de Dieu»? En fait Dieu n’est pour rien dans l’ensemble des conditions qui nous enferment, mais sa volonté est que nous les utilisions pour nous construire davantage à son image : comment, là où je suis, tel que je suis, avec ce qui se présente, puis-je aimer davantage? Ainsi la liberté épouse davantage la nécessité et la transforme en chemin de vérité.
Posté par lucie le 18/01/2007 17:08
parfois c'est simple, parfois c'est impossible, parfois je suis trop fatiguée pour le faire alors j'attends et ... finalement je choisis pas