Angoisse de l’avenir, désir de profiter de la vie, sans se poser de questions, attendre… Il arrive pourtant un moment où chacun se penche sur ce qui compte dans sa vie et prend le temps de faire un choix et de mettre en œuvre une décision.
C’est pas comme choisir une chaîne de télé
Chacun au fond de son cœur, sait bien qu’à certains moments, le tourbillon des instants qui se suivent s’interrompt et qu’il y a un temps pour se poser. Plus les échéances d’orientation et de choix de vie approchent, plus l’on cherche quel sens, quel but donner à sa vie. Jacques Arènes, psychanalyste chrétien, explique que si la vie n’a pas de direction, si l’on est dans l’inconnu, c’est logique de douter que le bonheur puisse être pour soi : «Ce sentiment, ajoute-t-il, est lié à l’idée d’avoir trouvé son chemin. Mais cela ne se fait pas comme choisir une chaîne de télé : en faisant telle expérience, en y trouvant du goût ou en traversant des erreurs, des échecs, chacun apprend quelque chose sur lui-même, sur ses propres désirs et cela l’aide à s’orienter.»
Il y en a eu des appels !
«Réussir ma vie, c’est arriver à savoir qui je suis», remarque justement Fabien. Il raconte combien cela l’a aidé de rechercher quels moments de sa vie ont été pour lui fondateurs : un prof qui lui a fait confiance, le jour où il est tombé amoureux, la vie dans son groupe de prière, les JMJ, mais aussi, la révolte contre une injustice, un stage où il s’est planté. Quels appels a-t-il reçu alors ? D’autres pourraient parler d’une rencontre, d’un témoignage de fidélité, d’un séjour à l’étranger, de la découverte de la pauvreté, d’un moment où l’on s’est senti bien dans le silence d’une abbaye… Toujours, il faut du temps, il faut passer par des alternances de certitudes et de doutes pour parvenir à une véritable liberté intérieure, pour arriver à donner une réponse. Il ne faut pas chercher à tout maîtriser.
S’engager pour les autres
Paul, lui, raconte que c’est la découverte de l’évangile du jeune homme riche (Matthieu, 16-22) qui a orienté sa vie. Jésus lui demande : c’est bien de tout faire, de pratiquer tous les préceptes, maintenant laisse toutes tes richesses et suis-moi. «Cette radicalité m’a parlé et a donné sens à ma vie, se rappelle-t-il, et je l’ai pris comme un appel. Mais jamais comme un appel à la vie religieuse. D’où ma décision, prise au bout de plusieurs années, de m’engager avec ma femme pour les plus pauvres.» Paul fait un lien entre l’appel qu’il a reçu de Dieu et la vocation de sa vie. Justement, selon que l’on croit ou non en le Dieu de Jésus Christ, peut-on se poser la question du sens de sa vie, de sa vocation de la même façon?
En effet, toute vie chrétienne est déjà réponse à un appel : celui de découvrir, à la suite du Christ, que nous sommes aimés de Dieu et que celui-ci ne peut vouloir que notre bonheur. Le croyant est appelé à exister comme créature, face au Créateur, à recevoir sa vie de Dieu. Il est convaincu aussi que trouver un sens à sa vie ne consiste pas qu’en une quête de soi : l’autre remplit toujours un rôle. Et ce qui compte, c’est d’aimer ; seul un amour vrai est susceptible de remplir la vie.
Et il y a plusieurs moyens de répondre à cet appel à l’amour. Cela peut passer par un investissement dans un champ professionnel, associatif, amical, amoureux, et aussi par une vocation religieuse.
Saint Ignace de Loyola conseillait de ne pas confondre la fin (vouloir servir Dieu, répondre à son amour) et les moyens : le mariage et le célibat consacré, qui sont les deux manières radicales de répondre à l’amour de Dieu, dans un don de soi, dans une alliance sans retour. En fait, la seule question que nous devons avoir à l’esprit est la suivante : en fonction de ce que je suis, de mon expérience, de mes désirs, comment pourrai-je aimer davantage?
Posté par lucie le 18/01/2007 17:08
parfois c'est simple, parfois c'est impossible, parfois je suis trop fatiguée pour le faire alors j'attends et ... finalement je choisis pas