Il y a beaucoup de choses à dire sur ce que recouvre ce mot. Il est au cœur du message de foi et de la vie chrétienne.
Il nous dit que Dieu continue de faire de grandes choses en ce monde et dans nos vies : Le Christ, Sacrement par excellence, nous accompagne pour passer de la mort à la vie dans tout ce qui fait notre existence.
J’ai compris beaucoup de choses de ce que pouvait signifier le mot sacrement lorsque, adolescent, on m’a expliqué que le mot latin sacramentum (qui a donné en français le mot sacrement) traduisait le mot grec musterion (qui a donné en français le mot mystère). Sacrement et mystère désigne la même réalité. Les sacrements chrétiens ne sont évidemment pas des rites magiques utilisés pour s’assurer une emprise sur des forces invisibles. De quel mystère s’agit-il? De la manière que Dieu utilise pour parler à l’homme, nous rejoindre dans notre vie, et signifier de manière concrète son amour, son alliance avec nous.
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Dieu vient nous rejoindre
Reconnaissons-le : la présence et l’action de Dieu en nous et dans ce monde restent parfois bien mystérieux. Nous ne sommes pas de purs esprits, et nous avons besoin que soit signifiée de manière tangible et concrète cette relation qui unit Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. Le sacrement est donc un signe visible et efficace de la grâce de Dieu. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’agit pas en dehors des sacrements. Mais le sacrement exprime qu'une réalité divine, en elle-même inaccessible, est rendue présente et se manifeste dans des événements et des signes visibles. En d'autres termes, le sacrement est un ensemble de réalités sensibles (l’eau, l’huile…) qui sont de l'ordre de la création, en général portées par des gestes que des paroles accompagnent, et qui signifient et réalisent des réalités invisibles qui sont de l'ordre de la grâce, c'est-à -dire de la communication à l'homme de la vie de Dieu.
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Le Christ continue d’agir
Au Moyen Age, des théologiens comme Pierre Lombard (vers 1100-1160) ont estimé qu'on pouvait distinguer sept sacrements. Et c'est au Concile de Trente en 1547 qu'est définitivement fixé ce nombre dans l'Eglise catholique. En marquant les moments les plus décisifs de la vie humaine, ils manifestent que c’est toute notre existence, dans ses différentes étapes et ses différents états, qui est appelée à être vécue avec le Christ.
Il y a d’abord ce qu’on appelle les sacrements de l’initiation chrétienne, c’est-à -dire de l’entrée progressive dans la découverte de cette vie de Dieu (baptême, confirmation, eucharistie), puis les sacrements constitutifs de ce peuple qui vit de l’alliance amoureuse avec Dieu (mariage, ordre), et enfin ceux dont le but est de rétablir la relation entre l’homme et Dieu altérée par le péché (réconciliation) ou de réconforter l’homme aux prises avec la maladie (onction des malades).
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Le Christ, seul Sacrement
Les sacrements sont le don de la présence du Christ. Ses paroles et ses actions durant sa vie et son ministère public étaient en vue du salut, pour faire gagner la vie. Aujourd’hui encore, le Christ continue d’agir par les sacrements. Ceux-ci produisent un effet par eux-mêmes car leur efficacité vient de lui et non pas de celui qui les confère. Si les sacrements supposent la foi au Christ, comme celle des aveugles et boiteux sur les routes de Galilée, ils la nourrissent, la fortifient et l’expriment.
Mais le passage à la vérité sacramentelle ne peut s’opérer indépendamment d’une participation au mystère pascal. C’est le Christ, seul Sacrement, qui par sa mort et sa résurrection, peut faire advenir la vie dans nos existences. C’est ce que veut signifier l’Eglise, corps du Christ, quand elle célèbre les sacrements.