Citoyens comme les autres, quelle relation entretenons-nous avec la politique en tant que chrétien ?
Ainsi, les jeunes, à la différence de leurs aînés au même âge, ne s’intéresseraient plus à la politique? S'il est vrai que les nouvelles générations font preuve d’une plus grande réserve vis-à -vis de la politique, il ne faudrait pas en conclure trop vite qu’elles se désintéressent de l’avenir de leur ville, de leur région, de leur pays. Elles ne sont pas davantage insensibles aux drames sociaux et aux injustices qui secouent leur monde, proche et lointain, et sont capables de colères et de désirs. Les jeunes chrétiens prennent eux aussi de la distance critique vis-à -vis d’un fonctionnement politicien qui semble faire passer des intérêts particuliers avant ceux du plus grand nombre. Pourtant, la plupart d’entre eux sentent parfois que leur foi n’est pas complètement étrangère à ce qui est collectivement en jeu.
Quel est donc ce rapport particulier que, comme chrétien, nous entretenons vis-à -vis de la politique? Notre foi nous fait-elle espérer qu’il y a une possibilité de changer le monde?
La force politique de l’amour
Même si nous ne sommes pas d’accord avec tout ce qui se passe sur notre planète, ce monde est le nôtre. L’aimer, c’est croire que quelque chose de neuf peut advenir. Dieu veut que nous portions sur cette terre le même regard d’amour que lui, sans naïveté. En période électorale, nous sommes saturés de promesses et nous avons de plus en plus de mal à y croire. Comment accorder crédit à une parole après tant d’engagements nous semblant non tenus? Le Christ, lui, nous fait une vraie promesse. Ce qui s’est passé à Pâques, et que nous rappelons chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, a une force et une portée politique que nous oublions souvent : le mal qui ronge le monde, qui déstructure des vies et des pays entiers, n’aura pas le dernier mot devant l’amour.
Ne pas rester extérieur au monde
Cela veut dire qu’aimer comme le Christ l’a fait, peut changer le monde. Il y a plusieurs manières d’aimer et donc plusieurs manières de contribuer à ce changement. Il ne s’agit pas d’être tous inscrits dans un parti politique ou militants d’un syndicat. Mais nous pouvons être attentifs à tout ce qui fait notre vie avec les autres.Tout être humain mérite respect, intérêt, reconnaissance et dignité. D’où cette invitation évangélique à faire en sorte que personne ne soit réduit à une capacité de travail ou de consommation et qu’aucun individu ne reste sans droits ou ne soit rejeté. Sortir de soi en s’intéressant à l’organisation de notre école, à la vie d’une association, c’est aussi exprimer de l’amour pour ce monde et ceux qui vivent à mes côtés malgré leurs différences. Voter aux élections participe de ce désir de ne pas rester extérieur à ce qui se passe d’important. Tout chrétien peut trouver dans l’Évangile une source d’inspiration pour ses choix politiques et sociaux. Sans doute y a-t-il à découvrir combien une certaine manière de concevoir la politique peut être une véritable «Bonne nouvelle» pour aujourd’hui. Changer le monde, c'est s’engager à la suite du Christ, au service de ses frères.
Posté par charlottep le 15/03/2007 14:07
Je commence à trouver cela interessant : on nous rabattait les oreilles sarko/ségo, cela ne me donnait pas envie de voter, maintenant qu'il va y avoir du suspense au 1er tour, je vais peut-être y aller