21 octobre 2017

L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert.
Alfred de Musset, poète
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Petite histoire de la pudeur

by Christine Brion ,  le 11/08/2006

La pudeur n’a pas échappé à la règle du temps, obligée d’évoluer.

Les différences sont nombreuses entre ce qu’on montrait auparavant de son corps et ce qu’on en montre aujourd’hui. Petit tour d’horizon de la pudeur à travers le temps et l’espace.

La pudeur à travers les âges
Comme toute notion, la pudeur est relative. Voici quelques éléments de l’évolution du rapport au corps au cours de l’histoire de l’humanité, en Europe :

  • Au Moyen-Age : période de contradiction : les bains, public ou bien privés, se prennent souvent à plusieurs personnes, mais l’exhibition d’une personne nue est un châtiment. Quant à l’amour courtois, il s’exprime avec ferveur…mais reste toujours chaste.
  • A la Renaissance : c’est l’époque ou débute la pratique des dissections. Le corps étant découvert, son exposition devient gênante, particulièrement en ce qui concerne la femme. Il est ainsi  désormais formellement interdit de peindre tout sexe féminin.
  • Au XVIIe : la cour de Versailles suit une étiquette très stricte. Une attitude peut être jugée décente ou indécente en fonction de la personne devant qui on l’adopte : ainsi, montrer son corps ou bien dévoiler ses sentiments devant une personne de rang inférieur n’est pas gênant. Mais ce n’est absolument pas permis devant une personne de rang supérieur.
  • 1791 : date charnière dans l’histoire de la pudeur. Faisant suite aux droits de l’homme, apparaît la notion de vie privée et ainsi, d’attentat à la pudeur. Désormais on dissocie la sphère privée et la sphère publique.
  • Au XIXe : siècle de retour à une morale conservatrice, notamment avec les règles strictes de la bourgeoisie. Même seul chez soi, on se lave en chemise. L’Angleterre victorienne est connue pour sa pudibonderie. Cependant apparaît parallèlement le romantisme, le courant par excellence des sentiments  excessifs et passionnés.
  • XXe siècle : la psychanalyse, en essor depuis la fin du XIXe, aboutit à la déculpabilisation de la nudité corporelle et exhorte les individus à exprimer ce qu’ils ressentent. C’est le début d’une libération qui sera particulièrement importante à partir de mai 68, date à partir de laquelle les femmes osent bronzer seins-nus à la plage.
  • XXIe : l’avenir nous le dira…      

mais aussi une notion relative dans l’espace
Les convenances varient d’un continent à un autre, parfois même entre différents pays. En effet, ce qui est décent pour nous, français, peut être considéré comme totalement indécent et, par conséquent, inacceptable dans un autre pays. L’inverse est également vrai.
Voici quelques exemples de différences au sein du globe :

  • au Brésil, le port du string relève quasiment de la norme et le port du maillot reste une exception, presque à l’inverse de chez nous.
  • si en France, depuis les années 70 les femmes bronzent sein-nus sur les plages après avoir pendant de très nombreuses années cachés ceux-ci, en Afrique, avant le début de la colonisation, aucune femme n’avait l’habitude de cacher sa poitrine. Par contre, montrer ses cuisses ou ses mollets était impensable.
  • dans les pays nordiques, les familles sont habituées à se jeter tous ensemble nus dans les lacs. Mais, si ceci ne les gêne pas, ils se sentent beaucoup moins à l’aise face au flux de paroles des Latins.

et enfin une notion qui varie d’un individu à un autre 
Entre individus, nous avons nécessairement des conceptions différentes de la pudeur. Cette relativité provient du fait que c’est essentiellement l’éducation que nous avons eue étant enfant, les valeurs que nous ont inculquées nos parents, qui forgent notre  conception de ce qu’est la pudeur. Vient ensuite s’ajouter l’histoire propre de la personne, les complexes qu’elle peut avoir… D’où le fait que nous n’ayons pas les mêmes comportements que le voisin/la voisine, quand il s’agit de se baigner… De même nous n’adoptons pas les mêmes attitudes face à une publicité : ce qui peut paraître beau à une personne peut paraître obscène à une autre…

 

 moi et la pudeur
Posté par andres le 18/08/2006 13:43

pour moi , je ne révèle mes sentiments et mes coups de coeur qu'a mes amis intimes et ceux dont j'en ai confiance

 Pudeur et nudité
Posté par GrandMax le 22/08/2006 08:36

Je partage très largement le contenu de ce dossier sur la pudeur. Je voudrais simplement faire part d'une expérience concernant la pudeur par rapport au corps. Il me semble que dans notre société la nudité est automatiquement associée à la sexualité et l'exposition de la nudité y est de ce fait réprimée comme "attentat à la pudeur". Or, ayant fréquenté des centres de vacances naturiste avec mes parents, j'y ai constaté que la pratique de la nudité collective était une véritable école de respect de soi même et des autres. Le regard sur le corps y est sain, naturel, pudique et chacun est accepté tel qu'il est (hommes/femmes, jeunes/vieux, handicapés...). Paradoxalement, les plages naturistes sont plus pudiques que certaines plages traditionnelles où l'on s'exhibe avec le dernier string à la mode... L'être humain est beau dans sa nudité originelle qui rappelle le paradis perdu... (sans verser dans l'angélisme, bien entendu...). L'art a bien su le montrer depuis des siècles. Max

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