Étienne Grieu , prêtre jésuite à Cergy-Pontoise, a écrit pour chacun d'entre nous cette lettre.
Dans mon quartier, il y a plein de petits gamins de toutes les couleurs. L’été, quand ils ne partent pas en vacances, ils organisent des jeux extraordinaires. Avec une table et deux chaises, ils jouent l’école. "Alors la maîtresse, elle serait en retard...". Et c’est parti : certains font les élèves, une autre la directrice qui arrive quand ça se gâte. Ils sont tout entiers dans leur jeu. Et d’ailleurs, c’est peut-être comme ça que tous, nous avons appris à conjuguer le conditionnel : "Alors, on serait en voyage, on partirait très loin, on arriverait dans un jardin magnifique avec des plantes de toutes les couleurs..."
Mais quand tu es devenu grand, ouh la la, tout se complique ! En fait, le problème, c’est que le verbe "devoir", lui aussi se conjugue au conditionnel : entre ce qu’on devrait faire, ce qu’on aurait très envie de réussir, ce qui se fait, entre ce qui se présente, ce dont on a un peu peur, ce qui ferait rire tout le monde, ce qui est formellement déconseillé, ce qui ne marchera jamais, ce qui est recommandé, eh bien... on fait ce qu’on peut. Et là , il peut arriver que tu te dises : "Ah bon ? C’est seulement ça la vie?" L’angoisse d’une existence terne, sans relief, comme un jardin triste, fait passer son ombre glaciale.
Alors là , tu sais, il suffit peut-être que tu prennes un peu de vacances. Enfin je veux dire, que tu fermes les yeux, que tu permettes au soleil et au vent de caresser ton visage, que tu laisses l’air frais descendre profond en toi. Et cela, le temps qu’il faudra pour que tout d’un coup, tu reconnaisses un bruit qui t’est tout à fait familier. En fait, tellement familier qu’il peut se faire complètement oublier. C’est comme le rire gracieux d’une fontaine, comme un souffle ténu, un murmure. Oui c’est ça, c’est une voix douce qui prononce ton nom. Stop ! Ici, c’est ta source : celle d’où vient tout ton désir de vivre, de grandir, d’être heureux, de faire des choses géniales, celle qui te permet de bondir, de rire, de crier, de te démener, de rêver, de prendre au passage une grosse claque, et donc, aussi, de pleurer, de te mettre en colère, ou bien au contraire, de souffrir en silence. C’est elle qui te permet aussi... d’oublier qu’elle est là , sans cesse à sourdre en toi. Elle ne haussera jamais le ton pour te dire : "Eh ! c’est moi ! Où es-tu ? Pourquoi tu fais tout ce barouf ?" Non, elle continue imperturbablement son chant frais et simple, humble comme le sourire d’une petite grand-mère.
Posté par Maiky le 01/06/2006 11:43
Faisons face aux choses... Les banlieues sont majoritairement constituées d'immigrés ou "issus de l'immigration" comme dirait l'autre...
Faisons un retour en arrière... (c'est le passé qui nous permet de comprendre le présent n'est-ce pas?)
Debut des années 60, c'est la fin de la guerre entre la France et l'Algérie qui obtient son indépendance.
A ce moment là , les jeunes algériens (18-25 ans) sont ambitieux et et cherchent de meilleures conditions de vie ils decident donc d'aller en France tenter leur chance, trouver du travail, fonder une famille. Ils ont été accueillis comme vous savez et je n'ai pas l'intention de polemiquer la-dessus. Les HLM ont été fait pour eux.
Bref, ils ont fondé une famille, trouvé du travail pas toujours glorifiant il est vrai (Peugeot, Mines d'Alsace etc.), mais du travail quand même. Jusqu'ici tout va bien. Vous devriez le savoir, les familles maghrébines notamment sont très nombreuses dans leur constitution.Certaines familles sont composées de 9 voire 10 enfants. Les aînés ont grandi. Ce sont les "grands frères" d'aujourd'hui.
Ils ont été éduqués à la dure pendant que leur parents, le père surtout, avaient encore du temps à consacrer pour eux. Puis entrent en scène les cadets qui, eux ont commencé à émerger au moment où le père prend sa retraite, lassé de creuser dans les mines ou de monter des portes de voitures (je généralise un peu mais il le faut pour me faire comprendre...). Donc leur père n'a plus à 60 piges, la force de s'occuper d'eux et eux font ce qu'ils veulent. Ils sont démotivés et ne savent pas quoi faire ils s'emmerdent dans leur HLM qui n'est pas toujours rose... N'etant plus canalisés par leur parents, les enfants (16-18 ans) deviennent incontrôlables (rentrent de plus en plus tard, etc.) ils sont plus influencés par les copains et aboutissent à toutes les conneries qu'on connaît. Ce n'est pas comme on dit une histoire de SaRkO ou quoi que ce soit, c'est juste une question de canalisation par les parents qui s'ils étaient un peu moins fatigués par leur vécu difficile (guerre, perte de proches) s'occuperaient plus d'eux et on éviterait ainsi de voir des méres (analphabetes pour la plupart) pleurer le sort d'un fils condamné à une peine de prison pour avoir vendu de la drogue à un pote ou alors pour ne pas balancer son pote. Les amis auraient-ils plus d'importance que la dignité d'une mere????? De plus, et de façon plus anecdotique, les jeunes son (infimement) influencés pas la culture Hip-hop qui on le sait n'est quant à elle pas toujours pacifique...
Je parle içi essentiellement des maghrébins et plus précisement des algériens car j'en suis un mais aussi car les autres catégories ethniques présentes dans ces banlieues ne font que selon moi, suivre sans raison apparente (à part pour frimer) celle évoquée plus haut. ATTENTION! je ne dis pas que c'est cette dernière qui est responsable des situations dans le banlieues mais j'essaie d'apporter des élément de réponses aux troubles qui sévissent dans les "quartiers difficiles".
MeRci De M'AvOiR Lu... ^^