Ce passage d’Évangile n’est pas tant à lire comme un manuel pratique pour répondre à chaque situation de violence, mais comme une invitation à faire évoluer notre ouverture aux autres. Au moins essayer.
«Oeil pour œil dent pour dent ». Cette loi, dit du Talion, a été instituée pour mettre fin à l’engrenage de la violence. «Tu me casses une dent, je te casse la gueule. Tu me voles, je te tues… » L’application de cette loi était un progrès, déjà à l époque de l’Ancien testament. Dans bien des cas, elle permettrait encore aujourd’hui d’arrêter l’escalade de la violence. Pourtant le Christ invite à sortir de cette règle du donnant-donnant, en refusant nette toute violence. En effet, celle-ci nous atteint toujours deux fois. La première fois de l’extérieur par l’agression dont nous sommes victimes. La seconde fois, de l’intérieur, lorsqu’à notre tour, nous répondons par la violence. Il n’y a pas de bonne violence, même pour faire cesser des situations extrêmes. L’Évangile va à l’encontre de nos réflexes. Le Christ nous demande pourtant de la mettre en œuvre.
Une justice dénuée de vengeance
Ne pas répondre violemment est une chose, mais faut-il pour autant laisser les agresseurs continuer, voire les encourager sous prétexte qu’il est écrit qu’il faut tendre l’autre joue et donner aussi son manteau ? Une société n’existe que si elle met des barrages aux actes violents. L’invite de jésus ne vise pas à modifier cette règle élémentaire mais à écarter de la justice toute idée de vengeance. La justice, qui a pour unique ambition de punir, répond à un mal par un mal égal. L’Évangile est contre cette justice de l’équivalence et préfère s’appuyer sur le pardon, pourtant parfaitement injuste à nos yeux.
Le Christ n’a pas tendu l’autre joue
Jésus parle ici en parabole : une histoire excessive pour faire ressortir une vérité cachée. Il n’a pas appliqué à la lettre ses propos. Quand un garde le frappe après son arrestation, il ne tend pas l’autre joue, mais dit : « Pourquoi me frappes-tu ? » Une façon de renvoyer son agresseur à son problème. « Tu ne me frappes pas parce que tu as quelque chose contre moi mais parce ce que tu n’es pas en paix avec toi-même ». Dans les situations de violences, nous pouvons reprendre cette interrogation en la posant directement à l’agresseur. Si le contexte ne s’y prête pas, nous pouvons nous la poser à nous-mêmes. Pourquoi m’agresse-t-il ? Quel est son passé ? Qu’a-t-il traversé dans sa vie pour qu’il me frappe ainsi ?
Nous serons alors les enfants du Très-Haut
«Fais mille pas supplémentaires…» Le Christ nous incite à en rajouter. Non seulement nous ne devons pas riposter mais en plus nous devons donner sans compter !Ainsi le Christ nous parle finalement de Dieu, de la surabondance de son don et de son pardon. « Imitez l’amour de Dieu, un amour qui pardonne sans cesse. Comme Dieu vous a donné la vie gratuitement, donnez à votre tour sans retenue. Allez plus loin que la règle de conduite morale qui veut que l’on ne fasse pas de mal à son voisin. Aimez vos ennemis ; » Que cette parabole créé en nous une attitude à l’image de Dieu. Nous serons alors vraiment les enfants du Très-Haut.
Posté par vincentf le 13/03/2006 18:08
c'est compliqué, car on ne répond pas on passe pour un lâche devant les copains, allors..