A l’occasion de la Rencontre européenne de jeunes à Milan du 28 décembre 2005 au 1er janvier 2006, Muriel du Souich de la rédaction de Croire Aujourd’hui, a rencontré frère Aloïs, le nouveau prieur de Taizé.
«Oser croire que Dieu ne peut qu’aimer, qu’il est lumière et qu’en lui il n’y a pas de ténèbres, avoir cette confiance, cela transforme une vie».
Ces premiers mots prononcés par Frère Alois lors de notre rencontre transparaissent dans sa façon d’être. Âgé de 51 ans, le nouveau prieur de Taizé qui a pris le relais de Frère Roger dans les circonstances dramatiques que l’on connaît, respire la confiance et la solidité. Sa disponibilité, son accueil, sa simplicité, son sourire mettent à l’aise.
Catholique et Allemand, Alois Löser vient d’une famille, originaire des Sudètes (en ex Tchécoslovaquie) et émigrée après la guerre en Bavière, puis à Stuttgart où lui-même a grandi. Il séjourne pour la première fois à Taizé à 16 ans et dit avoir été tout de suite attiré par la vie des frères. Après plusieurs passages dans la communauté, il y reste comme permanent pendant plusieurs mois, avant de recevoir le vêtement de prière en 1974 et de prononcer ses vœux définitifs en 1978.
À l’époque, comme beaucoup de jeunes, il est préoccupé par la fracture Nord/Sud et rencontre à Taizé des jeunes d’autres continents ; son passé familial le rend aussi sensible à la présence de la communauté en Europe de l’Est, à son combat pour la paix, la réconciliation des Européens et la communion des chrétiens. Dès 1974, il est envoyé trois semaines à Prague et y découvre qu’il est possible d’agir contre la division de l’Europe: «À mon retour, j’ai senti que c’était cela ma vie.» Cela, et aussi la vie en communauté, l’écoute des jeunes qui passent à Taizé et l’accueil de la présence de Dieu, trois fois par jour, à l’heure de la prière commune. Une rencontre où musique, Parole de Dieu et silence prennent une si grande place : Frère Alois, passionné de musique est aussi l’un des compositeurs des chants de la communauté.