Quelle suite comptez-vous donner à l’engagement de la communauté et de Frère Roger pour l’œcuménisme ?
Quand les disciples d’Emmaüs réalisent la présence du Christ, ils retournent rejoindre les autres pour s’approcher du Christ ensemble. Cette communion de l’Église est indispensable pour s’abandonner au Christ. Comment pouvons-nous continuer à dire que Dieu est amour et rester séparés ? C’est pourquoi, l’œcuménisme, c’est aller ensemble vers le Christ et non pas simplement nous rencontrer. Cette semaine, nous chantons Mane nobiscum, «Reste avec nous». Le fait de répéter simplement cette prière des disciples d’Emmaüs nous introduit déjà dans une vraie communion avec le Christ et avec les autres. Seulement ainsi, nous trouverons des réponses aux questions théologiques qui se posent. L’œcuménisme fait partie de la vie de notre communauté et le chemin déjà réalisé est incroyable. Nous poursuivrons la recherche de communion avec les différentes Églises, avec le pape, serviteur de cette communion. Et les jeunes, catholiques, orthodoxes, protestants qui passent ici continueront à retourner dans leurs Églises pour y être ferments d’unité.
Quels sont vos autres projets, en tant que nouveau prieur de Taizé ?
De continuer à garder vivantes les intuitions de frère Roger. Pour le moment, il n’y a pas de programme : seulement vivre l’aujourd’hui de Dieu, ce qui est nécessaire avant de prendre des décisions pour l’avenir. Je me sens très soutenu par l’ensemble de la communauté. En effet, ces dernières semaines, nous avons été tellement unis, avec le sentiment de vivre vraiment cette parole des Actes des Apôtres : «Ils n’étaient qu’un cœur et qu’une âme». C’était un temps de grâce, après ce drame terrible et cruel. Et malgré cette question qui reste ouverte : «Pourquoi ?». À Milan, nous dirons aux jeunes comment nous allons continuer le pèlerinage de confiance sur la terre, concrètement, dans les années qui viennent.
Dans quinze jours, Milan, la première rencontre européenne que vous allez présider. Qu’en attendez-vous ?
Que s’éveille une espérance chez les jeunes qui vont y participer. Il ne s’agit pas pour eux d’arranger leur vie le mieux possible au détriment des autres, mais de trouver l’espérance qui donne le courage de se donner.