Il y a bien des chemins pour entrer en relation avec Dieu et le laisser prier en nous. Lequel choisir ?
J’aime bien cette phrase rapportée par saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, qui demandait à un paysan pourquoi il passait beaucoup de temps à l’église. Et lui, simplement, sans grande théorie, s’exclama : “Je l’avise et il m’avise” ! La prière serait-elle donc si simple que cela ? Ni plus ni moins qu’un regard échangé, qu’une conversation avec Dieu ?
Il me semble que la prière jaillit, consciente ou non, formulée ou non, des sentiments très forts et très intenses que nous éprouvons à certains moments privilégiés de notre vie. Quelque chose frémit en nous et nous expérimentons alors la saveur, douce ou parfois amère, d’un moment de grâce qui illumine la grisaille du quotidien. Et, mystérieusement, nous ressentons, nous devinons ou nous implorons une Présence…
Ce qui est génial, c’est que toute notre vie peut devenir prière, et pas seulement un petit moment arraché au tourbillon de nos journées. La difficulté, c’est d’entrer en prière ! Voici plusieurs manières pour se lancer : à chacun de trouver ce qui lui correspond davantage.
Avec d’autres. Une soirée de prière, un week-end dans un centre spirituel, une semaine à Taizé, un pèlerinage des étudiants à Chartres, une marche l’été… Il existe beaucoup de façons d’être soutenus par les autres dans notre désir de prier. La fraternité chrétienne est souvent un lieu formidable pour oser entrer dans une relation plus personnelle au Christ. Nous avons une telle conscience de nos limites, le plus souvent. Quelle joie alors, quand le feu de la prière prend en nous !
Avec la Bible. Les textes bibliques retracent l'histoire du peuple juif, de la vie du Christ et de la première communauté chrétienne. Ils sont une source inépuisable à laquelle l’Église nous invite à venir nous abreuver largement. Nous ne pourrons vraiment connaître Dieu que si nous passons par la lecture de la Bible. Et surprise ! Voilà que ces textes écrits il y a si longtemps nous apparaissent étonnamment modernes, comme s’ils étaient écrits pour nous aujourd’hui, Parole de Dieu, nourriture intérieure sur notre route.
Avec le «Notre Père». C’est la prière que Jésus nous a enseignée. Elle nous unit à tous les priants, elle nous donne des mots les jours où nous sommes «secs». Même si nous la connaissons «par cœur», cela vaut la peine de l’intérioriser. Une manière de faire : répéter lentement chaque demande du «Notre Père» en la savourant.
L’adoration, par exemple devant le Saint Sacrement, devant la croix ou une icône, est une bonne manière pour nous mettre en présence de Dieu, comme la flamme d’une bougie qui monte vers Lui. Dans l’adoration, nous nous plaçons devant le mystère de Dieu qui s’est fait homme par amour pour nous. La contemplation de ce mystère est infinie ; elle suffit à nous remplir. Ce temps est pour certains l’occasion de faire mémoire de visages, de placer au cœur de Dieu les noms de ceux qu’ils veulent Lui confier. D’autres laisseront monter du fond de leur cœur, au rythme de leur respiration, cette invocation qui nous vient de l’Église d’Orient : “ Seigneur Jésus, aie pitié
de moi pécheur ! ”. Découverte de Dieu présent dans le souffle même de notre vie.
La contemplation d’un paysage ou d’une œuvre d’art peut aussi nous ouvrir à Dieu : les couleurs, les contrastes, la luminosité, les diverses formes… Il ne suffit pas de regarder pour voir, mais d’être disponible, de se mettre en silence intérieurement pour ouvrir les yeux du cœur. Quel plaisir alors, quel émerveillement !
Par le chant. À plusieurs, chanter «de tout cœur», notamment avec les chants de Taizé, pour s’ouvrir intérieurement à la présence de Dieu, grâce à la musique et aux paroles.
Avec les saints et des grandes figures de l’Église pour bénéficier de leur intimité avec Dieu : saint Augustin, saint Benoît, Ignace de Loyola, Thérèse d’Avila, Charles de Foucauld, Thérèse de Lisieux… Chacun avec sa sensibilité propre, l’histoire de sa vie, ses écrits, peut nous guider afin de découvrir notre propre chemin vers Dieu.
Et puis, on peut tout simplement aussi prier avec sa vie. En effet, notre existence est le lieu le plus proche où Dieu se manifeste et cherche la rencontre. Mais savons-nous toujours le reconnaître ? Faire mémoire, c’est un exercice spirituel qui a été très important pour le peuple juif comme on le voit dans la Bible. Notre histoire avec Dieu, nous pouvons la relire chaque jour, ou chaque semaine ou chaque mois. Cela demande une certaine fidélité pour que l’on puisse en voir les fruits. Étonnement et joie de nous rendre compte que Dieu agit dans nos vies.
Il y aurait encore beaucoup d’autres manières de prier, notamment pendant la messe. Mais l’essentiel est l’objectif : la rencontre de Dieu. Prier c’est ÉCOUTER, avec tout mon être, une Parole : Dieu parle dans la Bible, dans l’histoire des hommes et dans ma vie. Mais prier, c’est aussi PARLER : remercier, demander, et oser, en retour, une parole vraie qui monte de ma vie. À chaque fois qu’on laisse à Dieu de la place dans nos vies, on peut être certain qu’il va se passer de grandes choses !
Posté le 11/01/2007 16:39
Je sais bien que les prières peuvent avoir du résultat. Mais je me demande pourquoi avec moi ça ne fonctionne jamais? J’ai prié longtemps car c'était un problème important mais cela n’a pas marché. Pourtant je ne prie pas pour des petites choses.