«Je crois en la résurrection de la chair, en la vie éternelle.» Que signifient ces phrases du Credo?
Croire en la vie éternelle, qu’est-ce que cela veut dire ?
C’est croire qu’il y a quelque chose, en nous, qui n’est pas soumis à la mort. Car la vie éternelle est déjà là . Elle est dans le moment présent, à chaque instant. Finalement, c’est l’autre nom de Dieu.
Et la résurrection de la chair ?
La chair, dans la Bible, est un mot très ambigu. D’un côté, cela désigne l’être humain tout entier. De l’autre, l’absence de l’esprit, ce qui est un sens très péjoratif. Croire en la résurrection de la chair, cela veut dire que nous croyons en la résurrection de l’homme tout entier. Dans la Bible, l’âme n’est pas séparée du corps ; la chair comprend à la fois l’âme et le corps. C’est grâce au corps, aux différents sens – la vue, le toucher, l’odorat…- que je peux entrer en relation avec les autres. Sans lui je serais complètement coupé du monde. Les chrétiens croient donc en la résurrection de ce qui les met en relation. Pas seulement avec les autres, mais aussi avec la nature, le cosmos.
«La résurrection de la chair» est affirmée dans le Credo. Comment cela va-t-il se passer ? Difficile de répondre, bien sûr. Pour parler de la résurrection, nous n’avons pas d’autre référence que celle de Jésus ressuscité. Certes, les apparitions du Ressuscité ne nous présentent pas son corps tel qu’il est auprès du Père, mais elles nous indiquent la manière dont il s’est fait connaître à ses disciples. Son humanité n’est pas absorbée dans la vie divine. Son histoire n’est pas gommée, ni ses relations antérieures supprimées. Il apparaît avec un corps qui est la présence ressuscitée de la relation nouée avec ses disciples. La résurrection ne consiste pas à retrouver, passivement, notre corps de jadis remis à neuf. Le corps est avant tout notre être au monde. Parce qu’elle est œuvre de l’amour de Dieu, la résurrection est celle de notre liberté mise en œuvre dans les relations que nous avons tissées avec le monde. C’est notre identité relationnelle qui sera ressuscitée. Et le corps, c’est ce qui nous permet d’entrer en relation.
Sommes-nous tous assurés de ressusciter ?
Jésus ne répond jamais à la question du nombre de ceux qui entreront dans le Royaume. Il dit simplement : «Toi, efforce-toi d’y entrer». Et, il prévient : «la porte est étroite».
Qu’est-ce qui change quand on croit à la vie éternelle ?
La mort apparaît comme un accouchement et non comme une fin. Bien sûr, on peut être croyant et avoir peur de la mort, éprouver de la tristesse. C’est bien normal. Le Christ lui aussi a éprouvé ce sentiment au Jardin des oliviers.
Quand on a dû mal à croire en la vie éternelle, le remède est de dire à Dieu : «C’est à toi de jouer !». Cela c’est un acte de foi.
Comment témoigner de cette foi en la Résurrection auprès de ceux qui ne croient pas ?
Il nous est demandé de rendre compte de notre espérance à tous ceux qui nous le demandent. Nous pouvons témoigner par la joie, la confiance en l’avenir. La vie éternelle est déjà là , vers sa plénitude.
Posté par vincentf le 09/04/2006 11:45
Moi, je me pose des questions comme ça va se passer, est-ce qu'on sera pareil qu'avant? y-aura-t-il de la place pour tout le monde?