S’il y avait un jour auquel il ne faudrait jamais s’habituer, c’est bien le jour de Pâques. Il faudrait l’accueillir comme un jour neuf, un matin frais, un commencement, un jour de création, de re-création.
Il a fallu trois jours pour en arriver là . Le Jeudi – c’était peut-être un autre jour de la semaine, mais peu importe : les évangélistes ne sont pas des reporters – Jésus a rassemblé ces disciples autour d’un repas. Un vrai repas où l’on mange, où l’on parle, où l’on célèbre aussi. Cette fois, c’est à la mémoire de la première Pâque, ce jour où les Juifs sont passés de l’esclavage à la liberté sous la conduite de Dieu. Au cours du repas, Jésus parle. Il sait que l’hostilité envers lui est à son comble et qu’il joue sa vie. Il n’est pas encore dans l’angoisse qui l’éteindra quelques heures plus tard. Il partage avec ses disciples une longue confidence, ces paroles fortes que Jean l’évangéliste met dans sa bouche à cette hure là  : il vient du Père, il retourne à Lui. Mais il ne nous laisse pas seuls, il demeure en nous, il nous laisse l’Esprit. Il nous fait un avec lui. Il se livre par amour pour nous. Il nous appelle ses amis.
Il meurt
Parce qu’il est la vérité, il va en mourir. Il ne se dérobe pas. Il refuse d’employer les rames du mensonge et de la violence qu’on utilise contre lui. Il en souffre jusqu’à l’agonie. Il en meurt. «Tout est accompli», dit-il le Vendredi sur la croix.
Et la Résurrection ? Et si elle était déjà dans cette mort là  ? Le pardon est un des noms de la Résurrection. «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font». En demandant le pardon de ceux qui le tuent, Jésus dit sa confiance dans la victoire de la Vérité sur le mensonge de l’amour sur la haine. Il ne dit pas : «Je vous pardonne», peut-être parce qu’il sait dans son humanité qu’il y a des pardons impossibles sans que Dieu nous rende capable de les dire. Il dit : «Pardonne-leur», parce qu’il sa it que cette vie qu’il tient du Père, nul ne peut la détruire. Par son consentement, par le don total de lui-même, Jésus proclame en mourant la force de la Résurrection.
Il revient
On a vu Jésus autour de la table, on l’a vu au jardin des Oliviers, la nuit de l’agonie ; on l’a vu mourir sur la croix et être mis au tombeau. On ne l’a pas vu en train de ressusciter. Ses disciples sont désemparés. Pourtant le dimanche, au bord du lac, il est là . Il est vivant : «c’est moi, c’est bien moi, n’ayez pas peur, venez manger, la paix soit avec vous…» parce qu’il est là , tout est nouveau. C’est le matin frais, à l’heure où l’on ramène les filets de la pêche nocturne. Il est là . Il a préparé du poisson grillé pour ses amis. Comme avant ? oui et non. Oui, la vie a repris ses droits. Non, car désormais jésus a traversé la mort et nous avec lui. Il nous livre à l’espérance, autre nom de la Résurrection et nous invite à vivre «comme des vivants déjà revenus de la mort».
Notre foi est ainsi faite : d’expériences de rencontres du Seigneur, d’écoute de sa parole, de passages à vide, de doute, de mort ; de recherche inquiète : où est-il ? Et puis de venue soudaine ou longuement préparée. Cela ne se fabrique pas ; c’est lui qui vient.
À Pâques, l’Église ose dire et célébrer, dans la nuit humaine, cette venue matinale qui fait toutes choses nouvelles.
Posté par vincentf le 09/04/2006 11:45
Moi, je me pose des questions comme ça va se passer, est-ce qu'on sera pareil qu'avant? y-aura-t-il de la place pour tout le monde?