08 fevrier 2012
Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin.
Antoine de Saint-Exupéry, écrivain
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Ce qui fâche
by
Muriel du Souich
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le 25/01/2006
Peut-on être croyant et intelligent ? Cette question provoque parce que nous sommes choqués par les outrances actuelles de l’obscurantisme religieux. Mais dans son histoire, l’Église a aussi parfois vraiment manqué d’oxygène et d’ouverture.
Nous sommes marqués par cette phrase de Karl Marx : «la religion, c’est l’opium du peuple», c’est-à -dire, l’outil du pouvoir, le moyen d’abrutir et de faire taire les revendications. Il est vrai que pendant des siècles en Europe, Église et absolutisme ont été étroitement liés. Au XIIIe, on interdit aux laïcs de lire la Bible, de peur que cet accès à la source ne suscite des hérésies. Pour lutter contre ces mêmes hérésies, les papes créent la fameuse inquisition. Sur fond de bûchers, de dénonciations, d’aveux forcés, de torture et de fanatisme, elle sera dans un premier temps le moyen de défense de la toute puissance divine, et par délégation, celle du pape. Dans les films comme Les Visiteurs II, elle est le symbole de l’obscurantisme médiéval. Mais des historiens insistent sur le fait qu’elle a aussi été le rempart de l’institution ecclésiastique, de plusieurs États absolutistes et de l’ordre établi, contre la liberté de pensée et la contagion des idées philosophiques, surtout à partir du XVIe siècle. Cette dérive de l’Église a contribué à imposer l’obéissance comme une valeur chrétienne majeure, et cette image reste collée aux catholiques, encore parfois considérés comme des personnes qui obéissent aveuglément au magistère et ne prennent aucune initiative. La science, un don livré à notre intelligence Jusqu’au XIXe siècle, l’Église se raidit et répète les mêmes erreurs à l’encontre des découvertes majeures de la science. Le XIXe siècle croyant en finir avec la religion, cherche à installer la science en ses lieux et place : la foi est un problème dont la science aura la solution. Depuis, l’humanité a fait de grands pas. Contrairement à ce que l’on attendait. Dieu n’a pas perdu de terrain au fil des avancées de la science. Car plus les scientifiques résolvent de questions, plus ils remontent à l’origine des choses, de l’univers ou de la vie, plus s’imposent d’autres mystères premiers et originels : la création de la vie à partir d’une matière inerte, les mécanismes de la conscience… Aujourd’hui, hormis quelques protestants américains et les témoins de Jéhovah, tous les chrétiens acceptent que l’humain ne descendent pas d’Adam et Ève. Avec le concile Vatican II, l’Église modifie sa position sur les relations entre théologie et sciences. Désormais, elles sont autonomes et s’interrogent dans un questionnement réciproque. Les sciences cognitives de l’homme, dont la psychanalyse, sont un autre lieu de confrontation entre foi et raison. Ainsi, Freud caractérise la religion comme une névrose d’immaturité, un délire de masse, né du souhait narcissique de surmonter notre désarroi infantile en nous inventant un père fantasmé. Il passe outre la dimension spirituelle de l’homme, sa quête de sens, sa capacité à aimer et à se donner. Oui, chaque homme est en recherche de sa connaissance intérieure, mais cela débouche pour certains d’entre nous sur une rencontre, sur l’expérience de Dieu. Allons un peu plus loin dans notre réflexion. Tout ce qui nous fâche, c’est-à -dire toutes les dérives de l’histoire ou de l’actualité, n’est-ce pas lié directement ou indirectement, aux fausses images que l’homme peut se faire de Dieu : un être suprême qu’il craint, qui ne s’incarne pas et reste loin des hommes ? Un dieu bien loin du Dieu de Jésus Christ.
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Posté par gaetan le 17/01/2006 17:53
je ne vois pas pourquoi le fait de croire serait une fuite. a mon sens il faut etre capable de sacrifice et de courage pour vivre sa foi dignemnet. peut etre que aujourd'hui les gens preferent oublier cette question plutôt que de chercher a y repondre. aujourd'hui la mort est un sujet tabou. a telle point que l'on ne fait même plus le deuil des mort.s'abandonner au nihilisme est sans doutes aussi une façon de fuir sa peur