Mais alors il y a quelque chose qui vient nous dire : «Ah ? ta route est terminée ?ça y est, tu es au bout?» et cette petite voix t’appelle à te lever encore. Je crois que la foi a quelque chose à voir avec cette invitation : elle empêche de s’enfermer dans ce cocon si douillet qu’il pourrait bien nous endormir tout à fait dans une sorte d’hibernation où tout devient ronron et où il n’y a jamais rien de neuf. Elle dit : «Viens dehors !» remarque, ce qui est vrai du petit coin de paradis l’est aussi – et peut-être même plus encore - des choses mortifères qui traînent en nous. La foi, elle pousse aussi à sortir de la tristesse, du jugement définitivement établi, des enfermements, de tout ce qui en nous sent le caveau.
Si un jour tu sentais que ta foi anesthésie des choses en toi, te rend moins sensible, te blinde, si tu sentais qu’elle racornit ta joie de vivre ou qu’elle te rend dur, qu’elle te fait prendre tout le temps le même raccourci, qu’elle t’installe dans un parc fermé, qu’elle te donne l’impression de tout maîtriser, bref, qu’elle te rend moins intelligent, alors tu peux te dire que cette foi ne vient sans doute pas du Dieu vivant. C’est une imitation : au lieu d’être forte, large et étonnante comme un appel, elle est étroite et sèche comme un slogan.
Je dis cela, mais en fait, ce n’est pas si facile de départager la foi au Dieu vivant d’une stricte consigne qui ne veut rien savoir de plus (tu sais, une consigne, c’est aussi ce qui enferme et sécurise, comme une boîte pour laisser tes bagages). Souvent, foi vivante et consigne sont mêlées : même là , il faut renoncer à quelque chose de pur, qui soit du concentré de vrai Dieu 100% garanti. C’est sans doute aussi pour cela, que si un jour, tes amis te posent des questions sur ta foi, tu pourras en profiter, en écoutant leurs réactions, leurs commentaires, pour faire un petit travail de discernement. Car enfin, l’Esprit saint, ce n’est pas du boniment, il n’y a aucune raison qu’Il n’inspire pas la discussion que vous aurez. Et alors, fais bien attention :tes amis t’aideront à reconnaître ce qui dans ta foi est aveugle et carré, a besoin d’un peu d’oxygène, ce qui ne vient pas du Dieu vivant. Et toi, je suis sûr que tu trouveras des mots, des expressions pour dire comment ta foi éclaire ton chemin et te fait grandir, corps, âme et esprit.
Sans doute, tu sais déjà reconnaître ce qui vient de Dieu : ce qui est joie et paix, ce qui te met au large et te permet de te risquer, ce qui te rend attentif même à ceux qui ne comptent pas, ce qui t’aide à être vrai, ce qui te relève pour continuer à explorer ses chemins. Et dans tout cela, ce n’est pas seulement ton cœur qui grandit, c’est aussi ton intelligence qui s’ouvre, se fortifie, et te rend capable de répondre à Dieu.
Posté par gaetan le 17/01/2006 17:53
je ne vois pas pourquoi le fait de croire serait une fuite. a mon sens il faut etre capable de sacrifice et de courage pour vivre sa foi dignemnet. peut etre que aujourd'hui les gens preferent oublier cette question plutôt que de chercher a y repondre. aujourd'hui la mort est un sujet tabou. a telle point que l'on ne fait même plus le deuil des mort.s'abandonner au nihilisme est sans doutes aussi une façon de fuir sa peur