Religions : à chacun sa vérité? Tout de suite cette question appelle le mot «tolérance» défini ainsi dans le Petit Robert : «Attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même […] ou à respecter la liberté d’autrui en matière de religion, d’opinions philosophiques, politiques.» En opposition à l’intolérance, dont l’histoire et l’actualité fourmillent d’exemples.
Le risque du laxisme ou de l’indifférence
«Autour de moi, témoigne Simon, étudiant, tout le monde admet que la tolérance soit la condition de la vie en société. Mais elle ne peut être une valeur absolue, car à moins de verser dans le laxisme, elle s’arrête à certaines limites. On ne peut pas tout tolérer : la discrimination, par exemple quand quelqu’un tient des propos racistes. Ou bien la torture, la peine de mort, l’excision des petites filles… Il y a des comportements inacceptables.» «S’agit-il seulement d’actes ou d’attitudes intolérables, questionne Christian Mellon, de la commission Justice et Paix, ou bien est-ce la culture ou l’idéologie à laquelle ils sont liés qu’il faut mettre en cause ? Peut-on accepter des atteintes à la dignité humaine, même au nom d’une religion ?» Tout près de nous, des gourous de sectes ne réclament-ils pas de la société une neutralité totale permettant l’aliénation d’hommes et de femmes et l’exploitation de leurs faiblesses !
Si l’on ne se méfie pas, la tolérance peut aussi virer à l’indifférence. Les personnes d’origine étrangère connaissent bien les limites de la tolérance. Leur droit à la différence est respecté, on ne s’oppose pas à ce qu’ils croient. En réalité, on n’en parle pas. «Je tolère X, constate Dennis Gira, professeur de théologie des religions, n’implique nullement que je suis convaincu du fait que cette personne ait quelque chose d’important à me dire, sur le sens de ma vie par exemple.» Antoine, étudiant dans une grande école, a dans sa promotion plusieurs musulmans : «Ils ne parlent pas de leur foi, constate-t-il. Mais moi non plus, je n’échange pas là -dessus avec eux. Peut être, admet-il, que si je leur posais des questions, ils m’en poseraient à leur tour ?»
La force de nos convictions
La tolérance, enfin, ne suppose pas un relativisme qui signifierait que toutes les idées se valent. Sous le prétexte du respect de la différence, cette position favoriserait un dialogue superficiel, et ne fonctionnerait plus dès que l’on prend en compte la vérité profonde du fait religieux. Il est frappant de constater que les personnes ou les groupes qui luttèrent pour plus de tolérance le firent au nom de convictions tellement fortes qu’elles leur coûtèrent parfois la vie. Martin Luther King, par exemple, ou bien les sept moines de Tibhirine. Tous croyaient en la dignité humaine, en la richesse de la rencontre. Dans nos existences personnelles, il en est de même : nous progressons en faisant des choix, en formulant des convictions, en nous mettant à la quête de la vérité. Ainsi, interrogé par un évêque, sur les raisons qui le poussaient à devenir chrétien, un jeune indien répondait : «Mes parents étaient des hindouistes très religieux. Mais, quand j’allais à l’école, j’enjambais sur le trottoir des gens couchés dont je ne savais pas s’ils étaient morts ou vivants. Je veux être chrétien car le christianisme est la première religion qui m’a parlé de l’homme.»
Quand on bricole sa vérité tout seul…
Revenons à l’interrogation : «À chacun sa vérité ?» Elle en induit d’autres : Peut-on chercher tout seul sa vérité? Peut-on soi-même donner les réponses et construire ainsi sa propre transcendance?
Chacun est né par hasard dans une tradition religieuse : toutes les croyances ne se valent-elles pas ? Les hommes et les femmes qui composent eux-mêmes leur cocktail sacré et leur petite religion personnelle et prennent dans chaque religion ce qui est à leur goût ne peuvent pas nous laisser indifférents. «Quand on bricole sa vérité tout seul, s’exclame Dennis Gira, l’image que l’on a de soi est infiniment réductrice par rapport à ce que l’on est en réalité.» La vérité que nous croyons nôtre est en fait arrêtée. Elle ne tient pas compte de la cohérence des grandes religions qui ne sont pas des ensembles disparates de vérités et qui représentent la réflexion de communautés entières, appartenant à des pays différents. Nous le constatons nous-mêmes : c’est souvent la rencontre de l’autre qui nous oblige à nous dire ce à quoi nous croyons, à avancer. Le chrétien a toujours le sentiment d’une vérité qui le dépasse, car pour lui, chercher la vérité n’est pas chercher une idée, mais chercher quelqu’un. Tout comme un mari ne peut jamais prétendre connaître sa femme ou la femme son mari, le chrétien ne peut jamais se permettre de penser qu’il sait tout du mystère de Jésus Christ. Nos limites nous obligent à rester très humbles et prudents quand nous parlons de notre connaissance du Christ. Nous avons besoin de la lumière des autres : la parole et l’échange sont des chemins essentiels de la vérité. Dans l’Église, mais aussi avec les autres croyants. Car à leur manière, les autres religions expriment leur expérience de sa présence. Dans leur quête de la vérité, elles ont des lumières à apporter sur notre foi. Nous sommes appelés à sortir de notre indifférence envers elles.
Posté par gaetan le 25/09/2006 19:21
il est vrai que de premier abord rien ne semble rapproché les differentes religions.
il n'en n'est pas moins vrai que deux description differentes peuvent être faite d'une même chose sans que l'une d'elle soit fausse. il est aisé de concevoir que les difference inter-religieuse peuvent être dut a la diversité des interprétation de ces même religions.
il faut aussi prendre en compte les alea du temps, la façon de pensé et de relaté les fait des fondateurs des grand cultes.
ainsi il faut bien admetre que la façon d'on nous abordon une religion ( qu'el qu'elle soit) est en partie eronée. pire encore le temps a fait qu'il sera maintenant tres dificil de verifier les fait religieux. nous ne pourons sans doute jamais connaitre la verité.
notre foi releve de la croyance en des fait que nous ne pouvons pas tous verifier. C'est pour cela que nous devons admetre que les autre puissent avoir raison sur certain point et nous sur d'autre.
plus encore nous devons voir quelle croyances nous partageon car a mon humble avis les réel divergence son plus rare que les convergence