Jeûner
Jeûner, c’est accepter de créer un besoin, de creuser un sillon dans notre existence, d’ouvrir un espace de désir, de retrouver l’expérience d’avoir faim de Dieu. La faim du corps est là pour nous rappeler que «l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu» (Deutéronome 8, 3 ; Matthieu 4, 4). Jeûner c’est se remettre face au Père, lui qui attend sans désespérer de nous, et se préparer à recevoir sa grâce.
Les évangiles lus pendant le carême parlent de cela : avoir soif, retourner vers lui, abandonner nos images de Dieu pour le connaître lui tel qu’il est, quitter la peur. Reprendre le chemin à sa suite vers la vie.
Le jeûne pour le jeûne n’a aucun sens, il n’est pas séparé de l’amour des frères et de la justice. Il ne suffit donc pas que je dise «Seigneur, Seigneur» ou que je me dispense de manger et de boire. Jeûner, c’est espérer la venue du Seigneur, se mettre à sa recherche. Jeûner, c’est l’expression de l’espérance, ouvrir son cœur à l’œuvre du Père qui voit et agit dans le secret (Matthieu 6, 18).